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Corse
Canti & Musica - Anthologie de chants et musique profanes
Ocora - 2011


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Discographie

Jusqu’à présent l’action de Musiques du Monde a permis le financement de sept collectes, au Mexique, au Honduras, à Cuba et en Corse, qui ont conduit à la publication de dix disques compacts (dont deux coffrets double CD) pour les labels Ocora, Inédit, AIMP et Arion.
De ces travaux découlent également la production de plusieurs émissions de radio diffusées sur France Culture et France Musique.

 

CORSE
Canti & Musica, Anthologie de chants et musique profanes
Coffret livre + 2 CD
Ocora/Radio-France - 2011

Cette anthologie, qui rassemble 50 pièces instrumentales et vocales sur deux CD, est entièrement consacrée au patrimoine musical profane de Corse. L’idée était de faire cohabiter sur un même phonogramme des répertoires aux marqueurs historiques différents ; des formes chantées dont certaines possèdent une présence affirmée dans l’île avec d’autres formes aujourd’hui délaissées voire tombées dans l’oubli ; des musiques de violoneux rythmant les bals d’autrefois avec des pièces à l’instrumentation renouvelée, basées sur des collectages anciens ou récents : autant de trésors jusque là dispersés sur un grand nombre de productions, qui à l’occasion de cette anthologie ont été réenregistrés ou enregistrés pour la première fois par une sélection d’interprètes amants de la tradition.
C’était aussi l’occasion de donner un espace discographique à des genres tels que la poésie improvisée du chjama è rispondi, grand absent de la production discographique corse, qui se trouve représenté ici par un morceau de 16 minutes et peut enfin atteindre les amateurs, à l’égal des autres traditions de poésie improvisée, notamment celles d’Amérique latine, des Caraïbes, de l’Espagne et du Brésil. On trouvera également plusieurs sortes de paghjelle (versi longu, mozzu, sermanacciu, di Tagliu...) un genre récemment inscrit sur la Liste de sauvegarde urgente du patrimoine immatériel de l’UNESCO.

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CUBA
Punto et Trova de Sancti Spiritus
Coffret livre + 2 CD
Ocora/Radio-France - 2008

Cette publication présente deux univers distincts et méconnus des musiques cubaines.
Le premier disque est consacré à l’une des musiques les plus anciennes de l’île : le punto espirituano, un répertoire paysan issu, entre autres, du fandango espagnol et interprété par des ensembles appelés parrandas. On pourra également entendre dans ces enregistrements un trio à cordes - luth cubain, tres et guitare - interpréter des versions instrumentales de nombreux thèmes paysans ainsi que certains dérivés urbains de ceux-ci, tels que les guajiras.
Le deuxième disque est consacrée à la trova espirituana, variante régionale d’un super-genre né des suites de la grande époque de la contradanza cubaine au début du XIXe siècle. Cette trova conjugue des influences du centre, de l’est et de l’ouest de Cuba et englobe une variété d’espèces musicales surgies pour la plupart durant les dernières décennies du XIXe. Elle est jouée par des trovadores au jeu de guitare unique et comprend des compositions magnifiques dont la plupart sont inconnues du public occidental.
Punto et Trova de Sancti Spiritus a conduit à la programmation par la Cité de la musique de deux formations de la ville de Sancti Spiritus dans le cadre de son cycle "Cuba", les 24 et 25 juin 2011 : Le Trio los Lamas, présent sur ce disque (CD1), et Rompesaraguey, un groupe qui avait été présélectionné à l’époque des repérages.

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MEXIQUE
El son de la Huasteca
Arion - 2005

Encore un disque consacré à la Huasteca ? Beaucoup plus que ça : un complément indispensable pour se représenter la genèse de ce genre et ses relations de parenté avec le son des régions voisines et avec d’autres musiques d’Amérique latine. On y découvrira des aspects seulement évoqués dans les précédents disques, comme les zapateados (martèlements de talons) accompagnant les musiciens ou les décimas déclamées en milieu de son, et feront leur apparition certaines pièces parmi les plus anciennes du répertoire huasteco.
Ce sera aussi l’occasion de réentendre le trio Camperos de Valles, invité des Concerts de Radio France en septembre 2006, et de découvrir le jeu magnifique de Soraima y sus Huastecos, un groupe qui lui aussi ne devrait pas tarder à se produire en Europe. On n’a pas fini d’entendre parler de la Huasteca !

 

MEXIQUE
Sones huastecos - Los Caimanes de Tampico
AIMP/Musée d’ethnographie de Genève - 2004

Tampico a toujours été une plaque tournante du huapango ou son huasteco. Ville portuaire vivant du commerce maritime depuis 1824, investie dans l’industrie pétrochimique depuis le début du XXème siècle, elle a de tout temps attiré ceux qui vivent de la nuit, du plaisir et de la fête. Pour les musiciens, et en particulier pour les huapangueros, les époques s’y sont succédées associées à des noms de lieux ou à des innovations bouleversant leur activité, comme l’arrivée de la radio ou la naissance de l’industrie du disque. Durant les années 20 et 30, particulièrement florissantes, la ville devient pour le huapanguero ce que Chicago puis New-York ont été à la même époque pour le musicien de jazz : là est l’argent, là est le travail, là se trouvent les plus grands.
Ces années d’or de la musique huasteca ont vu naître un trio prestigieux, Los Caimanes, qui s’est dissous par la suite après la mort de deux de ses interprètes. En 1983, Felipe Turrubiates et deux autres musiciens décident de créer Los Caimanes de Tampico, en hommage à la formation originale et parce que ce nom, titre de l’un des plus fameux sones du répertoire, est emblématique du genre. La qualité remarquable des anciens musiciens et le prestige dont brille encore le nom du trio dans les souvenirs les condamnent à l’excellence. Dans les années qui suivent ils remporteront prix et concours et multiplieront les tournées au Mexique et aux États-Unis.
Lorsqu’ils travaillent dans le port, Los Caimanes de Tampico, comme tous les huapangueros, sont aimantés par les places publiques, les bars, les fêtes et les célébrations, où on les paye à la mélodie. Le groupe a développé et peaufiné au fil des ans un style énergique très tampiqueño, caractérisé par la virtuosité des rasgueos (battements de cordes), en particulier pour la petite guitare jarana, une tendance à privilégier les tempos enlevés, allegro, et à chanter les couplets à deux ou trois voix, sur le mode des nouveaux huapangos composés à partir de la Révolution.

 

MEXIQUE
La Huasteca, Danses et Huapangos
Ocora/Radio-France - 2003
Nouveau tirage Salon du livre 2009

La sirène jouant de la guitare est une figure récurrente de l’iconographie mexicaine qui pourrait servir d’emblème à la plupart des musiques d’Amérique latine. Sa présence sur la pochette de ce disque et dans les paroles de nombreux sones nous rappelle que l’espace dans lequel se sont concoctés des métissages musicaux tels que le huapango ou son huasteco n’est pas une terre mais un espace maritime, dont la Huasteca n’est que l’une des rives ; un espace reliant les îles caraïbes et les régions voisines du continent américain, la côte occidentale de l’Afrique, les Canaries et les côtes espagnoles. Sur toute l’extension de la toile maritime dessinée par les trajectoires des bateaux conquérants, la musique populaire espagnole se déplaçait de port en port, répandant des formes musicales qui calquaient à leur manière le carrefour historique qu’était devenue cette région, et ne cessaient de s’imprégner de multiples influences.

Pratiquement tout ce que l’on sait de la période formative du son provient des archives de l’inquisition au XVIIIe siècle, sa nature profane et ses paroles jugées scandaleuses lui ayant occasionné de nombreux démêlés avec les autorités cléricales. A la fin du XVIIIe, sous l’impulsion du public comme des imprésarios, et reflétant l’opposition générale du pays contre l’Espagne, le son fait son entrée dans les programmes de théâtre. C’est le Coliseo de Mexico qui présente pour la première fois sur une scène nationale, en alternance avec des pièces musicales d’origine espagnole, une sélection de ces chansons métisses, noires, indigènes connues sous le nom générique de "sonecitos de la tierra". À mesure que s’approche la guerre d’indépendance, un nombre croissant de ces mélodies constitutives de l’identité novohispano sont incluses dans Les tonadillas escenicas, dont le répertoire, tous genres confondus, se diffuse rapidement vers les provinces, repris par les compagnies itinérantes qui se produisent au cours des fêtes et dans les foires. Harmonies, mélodies et rythmes nouveaux font irruption dans les villages et rancherías où indiens et métis cohabitent, à l’occasion des bals et des fandangos ; de là, ils atteignent les communautés les plus reculées, où les mêmes thèmes sont repris, incorporés, modifiés, avant, éventuellement, de retourner vers les villes lors de festivités.

Le son mexicain, issu d’un brassage de cinq siècles, possède plusieurs variantes régionales, qui toutes partagent les mêmes caractéristiques. Le son d’où qu’il vienne se danse, généralement avec des zapateados ou martèlements de talons. Il est chanté, et les coplas de quatre vers octosyllabiques qui composent le chant ont cette particularité de se suffire à elles-mêmes, d’enfermer une idée complète, s’assemblant de façon aléatoire, au gré de la mémoire des interprètes. Enfin, la structure rythmique du son est le plus souvent basée sur une combinaison de 3/4 et 6/8, à l’instar de nombreux genres latinoaméricains.

Le son huasteco coïncide en tous points avec ce qui vient d’être énoncé, tout en possédant des différences marquées avec les autres genres de son. Citons, entre autres, l’emploi du falsete ou voix de tête, véritable marque de fabrique du son huasteco. La renommée de certains chanteurs repose souvent sur leur maîtrise de cette technique vocale, dont le résultat peut être spectaculaire. Un autre trait distinctif du son huasteco est l’instrumentation. La quinta huapanguera et la jarana, guitares "percussives" que la plupart des auteurs font descendre de la guitare baroque, ont des formes, des encordages, des accordatures et des rasgueos caractéristiques de la région.

Beaucoup pensent aujourd’hui que si le huapango n’a pas connu le succès d’autres genres mexicains, c’est du fait de ses rythmes compliqués alternant 6/8 et 3/4 pour produire cette curieuse sensation de déséquilibre à chaque instant rétabli, multipliant les glissandi entre accords et les contrepoints sur la guitare quinta, les effets de rasgueo sur la jarana, les ornements virtuoses du violon, auxquels il faut encore ajouter le chant en falsete et l’improvisation poétique. Comme l’a résumé l’ethnomusicologue Claes af Geijerstam, la complexité résultant de l’ensemble est difficilement exprimable en mots, elle doit être expérimentée...

Ce disque a donné lieu à la production d’une édition des Chemins de la Musique intitulée "La Huasteca, au cœur du son mexicain", diffusée du 15 au 19 septembre 2003 sur France-Culture.
Il a également débouché sur l’invitation, pour la première fois en France, du trio Los Camperos de Valles, dans le cadre des Concerts de Radio France, le 21 septembre 2006.

The Huasteca, Dances and Huapangos.

The huapango is the favored musical style of the Huasteca. It is a rich blend of Amerindian, Spanish and African cultures, poetic improvisation often sung in falsetto, and backed with violin and guitars (both quinta and jarana) accompaniment. This is music which is quite different from the more well known styles of Mexican music, more closely related to Spanish music. There is a strong movement to preserve this unique form of Mexican folk music and this album is a superb example of authentic renditions both in the vocal and instrumental presentations.

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HONDURAS
Ensemble Wabaruagun, Chants des Caribs noirs.
Ocora/Radio-France - 2002

Il est difficile d’aborder la musique des Garifunas sans avoir évoqué au préalable le parcours historique mouvementé de cette population. On trouvera un résumé de ce parcours, ainsi qu’une brève description du répertoire musical, dans la présentation du disque Inédit (2001) ci-dessous.
Cette deuxième publication consacrée aux musiques des Caribes noirs, parue chez Ocora en 2002, présente le répertoire de l’un des meilleurs groupes traditionnels garifuna du Honduras, l’Ensemble Wabaruagun, dont la connaissance intime des thèmes musicaux liés au culte des ancêtres s’explique par la fonction sociale de son leader.

L’entente tacite entre le monde des morts et le monde des vivants est l’une des clés permettant de comprendre le système magico-religieux des Garifunas. Les morts comptent sur les vivant pour être soutenu tout au long de leur parcours dans l’au-delà. Les vivants espèrent des morts un appui dans la réalisation des buts matériels de l’existence. En cas de difficulté, c’est donc aux ancêtres qu’il faut s’adresser, pas aux dieux. Toutes les croyances des Garifunas s’organisent autour de cette relation de complémentarité.
Le buyei, homme ou femme, peut être considéré comme le prêtre de cette religion. Il est le gardien de la tradition et conserve aujourd’hui encore tout son prestige, y compris parmi les jeunes générations. Ce personnage, héritier du boyé des Kallinago, outre sa fonction de médiateur entre le monde des esprits et celui des vivants est aussi un devin et un guérisseur.
Enrique Garcia, directeur du groupe Wabaruagun, est un buyei de Cristales, quartier garifuna de Trujillo. Ses fonctions l’amènent à se déplacer fréquemment d’un bout à l’autre de la zone de peuplement garifuna, entre le Honduras et le Belize, pour répondre aux demandes de familles aux prises avec les manifestations oniriques d’ancêtres susceptibles et récalcitrants, ou pour officier lors d’un dügü, la plus importante cérémonie garifuna. C’est sa profonde connaissance des rituels et son goût pour le chant qui l’ont poussé à créer Wabaruagun, afin d’interpréter et de perpétuer les thèmes entendus dans les villages.
Wabaruagun représente aujourd’hui l’un des points de référence de la tradition. Son répertoire condense toute la mémoire et l’identité du peuple garifuna de plus en plus déterritorialisé, dont le bagage de valeurs et de traditions, rassemblé autour de la langue et de rituels agissant comme de puissants facteurs de cohésion et d’intégration sociale, est devenu comme un pays virtuel dans l’esprit des expatriés toujours plus nombreux.

Ce disque a donné lieu à la production d’une édition des Chemins de la Musique intitulée "Les Garifunas du Honduras", diffusée du 10 au 14 juin 2002 sur France-Culture.
Il a également conduit à la programmation de l’Ensemble Wabaruagun par la Cité de la Musique, dans le cadre de son cycle "Nouveau Monde Caraïbes", le 17 février 2008.

En 2003, le Centre de Recherches sur les Mondes Américains (CERMA), unité pluridisciplinaire appartenant à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), a organisé un séminaire autour de la thématique : « Métissages et musique dans les mondes américains ». Dans ce cadre une conférence intitulée « Tambours africains, voix amérindiennes : les Caribes noirs d’Amérique centrale » a été donnée le 12 mars. Une version augmentée et annotée du contenu de cette conférence est consultable sur le site nuevomundo.revues.org du CERMA.

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HONDURAS
Musique garifuna, la tradition des Caribs noirs
Inédit/Maison des Cultures du Monde - 2001

Dans cette mer aux histoires qu’est l’espace caraïbe, il en est une qui pourrait résumer à elle seule le choc monstrueux que fut la conquête des Amériques, la refonte radicale imposée par la colonisation qui suivit et les milles méandres empruntés par les protagonistes pour survivre à ces bouleversements. Cette histoire, véritable roman d’aventures, c’est celle des Garifunas d’Amérique centrale.

En 1635, deux navires négriers espagnols font naufrage au large de l’île de Saint-Vincent, l’une des petites Antilles et à l’époque l’un des derniers territoires indiens libres. Les rescapés, des Noirs appartenant aux peuples Efik, Ibo, Yoruba, Ashanti, entre autres, tombèrent aux mains des Kallinago ou Caribes rouges, à la sinistre réputation de cannibale, qui avait défrayé la chronique espagnole aux premiers temps de la conquête.
Ce qui se passa ensuite échappe à toute tentative de reconstitution historique. On suppose que les nouveaux arrivants s’intégrèrent peu à peu, prenant des femmes caribes pour épouse, s’appropriant les mœurs et les coutumes de leurs hôtes et utilisant leur langue, un mélange d’arawak et de caribe, pour communiquer entre eux. Au tournant du XVIIIe siècle diverses sources mentionnent l’existence de "Caribes noirs" occupant l’île de Saint-Vincent avec les Indiens, et les décrit comme de redoutables guerriers. L’existence d’un corps organisé de Noirs libres était un défi aux forces coloniales et à tout le système esclavagiste. Dès l’instant où les Européens prirent conscience de son existence ils n’eurent de cesse d’en venir à bout. Tout au long du XVIIIe l’ennemi et l’allié changeront plusieurs fois de figure, les rôles s’inversant fréquemment entre les Français et les Anglais en compétition pour la domination de l’île. En 1795, dans une concentration de forces, les Anglais écrasèrent la dernière révolte caribe noir armée par le révolutionnaire Victor Hugues, capturèrent la quasi-totalité de la population et la déportèrent sur l’île de Roatan, au large du Honduras.
On pense qu’entre deux et trois mille negros vicentinos ont finalement rejoint les côtes du Honduras, avec la bénédiction des autorités espagnoles qui vit très vite en eux les renforts qu’elles recherchaient contre les attaques des pirates, de plus en plus nombreuses et dévastatrices. Les Caribes noirs s’acquitteront si bien de cette tâche qu’on leur octroiera des droits et des terres. En moins d’une dizaine d’années ils essaimeront le long du littoral caraïbe, bâtissant leurs villages à l’ombre des cocoteraies, aux embouchures des rivières, où ils se trouvent encore aujourd’hui.

Héritière à la fois des traditions d’Afrique de l’Ouest et des Caribes rouges insulaires, la musique garifuna s’est toujours caractérisée par la coexistence de deux répertoires qui n’ont cessé d’interagir au fil du temps tout en gardant leur spécificité. Le premier, à dominante amérindienne, est le répertoire sacré : il comprend les chants a capella et des rituels dansés et chantés, accompagnées de tambours homorythmiques en base ternaire. Le second, à dominante africaine, est le répertoire profane, caractérisé par la polyrythmie et le chant antiphonique. En Amérique centrale, les Garifunas vont subir l’influence des musiques anglaise créole au Bélize et hispanique au Guatemala et au Honduras. Leur tradition afro-indienne va s’ouvrir peu à peu et tenter d’incorporer les instruments européens, ne conservant au bout du compte que la guitare dans certaines occasions. Les Garifunas du Honduras vont aussi adopter le chant d’hymnes et le faste des célébrations religieuses espagnoles. De ces rencontres vont surgir certains thèmes festifs originaux, tandis que d’autres, arrivés dans les bagages, vont s’adapter peu à peu au nouveau contexte.
Ce disque présente la plupart des genres musicaux pratiqués dans les villages, enregistrés dans leur contexte, notamment durant les cérémonies liées au culte des ancêtres.

Musique garifuna : chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité, UNESCO 2001

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MEXIQUE
Fêtes de San Miguel Tzinacapan
Ocora/Radio-France - 1996
Nouveau tirage Salon du livre 2009

La Sierra Norte de Puebla, aussi luxuriante que le Tlalocan de la mythologie précolombienne, est une région peuplée essentiellement de Nahuas, le même groupe linguistique que les Aztèques ou Mexicas des hauts-plateaux. Tzinacapan est un parmi les nombreux villages indiens nichés dans ces montagnes. Traditions et croyances y ont traversé les siècles et des temps divers y coexistent, que l’on peut voir s’exprimer de la façon la plus spectaculaire à travers les nombreuses danses rituelles de la région.
Chaque année, du 28 septembre au 3 octobre, ont lieu les fêtes dédiées à Saint Michel et des feux d’artifice tonnent jour et nuit dans le ciel du village. Les groupes de danse locaux se relayent dans la nef de l’église et sur la place, devant la maison du Mayordomo, le parrain de la fête, et celles des villageois qui invitent les danseurs en manière d’offrande au Saint patron. Santiagos, Voladores, Negritos, Toreros, Migueles, Quetzales, Vegas, Tocotines ; aux groupes de Tzinacapan s’ajoutent encore ceux provenant des villages environnants. Le Moyen-Âge espagnol de la Reconquête, chorégraphié par la danse des Santiagos, se mêle aux évolutions précolombiennes des groupes de Voladores et aux zapateados ou martèlements de talons de l’époque coloniale qui accompagnent les danses de Toreros et de Negritos. Partout se font entendre des musiques de flûtes et de tambours, de violons et de guitares, des rythmes saccadés de grelots et de castagnettes, tandis que les voix et les rires des Pilatos, incarnations des méchants, résonnent sous des masques aux traits inquiétants.

Ce disque a ouvert sur une collaboration avec le Musée du Quai Branly à Paris, dans le cadre d’un programme de découverte des instruments de musiques du monde installé sur le site du Musée et intitulé "Explorations thématiques - instruments et musiques du monde".

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