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Canti & Musica - Anthologie de chants et musique profanes
Ocora - 2011



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Corse/Corsica
Canti & Musica
Anthologie de chants et musiques profanes/
Antulugìa di canti è mùsiche prufani

DESCRIPTIF DE LA MISSION

 

Ce projet consiste en la production, en association avec la SARL Casa Éditions de Pigna, d’un livre double album entièrement consacré aux musiques profanes de Corse. Les genres concernés sont nombreux et pour la plupart assez peu représentés dans les grandes collections de musiques du monde, dont l’attention s’est plutôt portée sur les musiques sacrées de l’île.

Mandoliniste à Loriani, années1940-50


Certaines de ces espèces musicales occupent encore aujourd’hui une place centrale dans des contextes festifs, d’autres sont en péril, voire ne subsistent plus que dans les mémoires ou sous forme écrite. On citera entre autres divers types de polyphonies, telles que paghjelle, terzetti, madrigali ; des monodies : terzine, lamenti, voceri, etc. ; la joute poétique du chjama è rispondi, les serinati, les nanne (berçeuses), la tribbiera (chant de travail), les canti scherzosi (chants satiriques) ; des pièces instrumentales, telles que les versions de la moresca corse et certaines compositions du XXe siècle ou plus récentes, interprétées notamment sur la cetera (cistre), ainsi que des thèmes incluant des aérophones en corne de chèvre (pìfana), bois sculpté (cialamella) et roseau (pìrula).
 

Couverture du livre "Les musiques de Corse" d’Antoine Massoni,
publié aux Editions Alain Piazzola

 
 La première phase du projet se déroulera dans la Castagniccia : début août 2010 des enregistrements de paghjelle seront réalisés à l’occasion du pèlerinage à San Cervone, puis une fête sera organisée pour permettre l’enregistrement in vivo de chjama é rispondi et de serinati ou currenti.

Paghjellaghji au San Cervone

Laurent et François-Philippe Barbolosi interprétant des currenti à Loriani

Tous les enregistrements in vivo et en extérieur seront réalisés en 5.1. Réduite en stéréo sur les CD ce type de prise conserve cependant l’« image » sonore globale du contexte.
Voir à ; ce sujet l’article de Klaus Blasquiz sur les enregistrements surround.

La deuxième phase du projet se déroulera en décembre 2010 à Pigna, où seront enregistrés les autres genres mentionnés et le répertoire instrumental.

Les enregistrements seront réalisés dans l’auditorium


dans le studio


et dans la Vaccaghja, le théâtre en plein air.


L’ensemble doit former une grande anthologie des chants et musiques profanes corses, se déployant sur environ 148 minutes d’enregistrement. Elle sera accompagnée d’un volumineux livret abordant tous les aspects des musiques sélectionnées et traduit en corse et en anglais.


 

Saframusic en collaboration avec Musiques du Monde

Enregistrement des flûtistes d’Annaba,
de Souk-Ahras et de la Chaouia
Hommages et louanges aux saints patrons

 

 

 


Les flûtistes d’Annaba, de Souk-Ahras et de la Chaouia

L’Est algérien, et particulièrement la zone délimitée par deux grands axes qui vont d’Annaba jusqu’à Souk-Ahras et du bas Constantinois jusqu’aux Aurès est très profondément marqué par les musiques et chants traditionnels populaires. L’un des plus importants patrimoines musicaux populaires de ces régions est transmis par leurs flûtistes (appelés gasaba) et à travers leurs célèbres noubat.

Patrimoine populaire séculaire, les noubat sont des « pièces » instrumentales jouées par plusieurs flûtistes et percussionnistes en l’honneur des Saints Patrons (wali). La dépouille de ces Saints Patrons se trouve généralement au centre de la zaouia (confrérie religieuse). Ces tombeaux sont reconnaissables par leur architecture spécifique surmontée d’une coupole appelée quba.

Flûtistes d’Annaba et de de Souk-Ahras (copyright Halim Dekkiche)

Lors des diverses cérémonies, on exécute trois noubat, qui correspondent à des moments précis de la journée et qui peuvent durer chacune plus d’une heure.

Le caractère si particulier de cette musique et les conditions dans lesquelles elle est exécutée - circoncision, mariage, naissance- lui donnent une force toute singulière. Ces flûtes-gasba, accompagnées des percussionnistes, se distinguent par leur timbre à la fois tendre et plaintif, leurs riches variations et envolées mélodiques qui nous plongent dans l’âme de l’une des musiques et forme d’art les plus belles de cette partie du Maghreb.

L’une des plus célèbres noubat jouées dans cette région est appelée noubat essalihine (pièce en l’honneur des Saints). Elle est exécutée en ouverture de toutes les cérémonies pour marquer le caractère musical et identitaire propre à la région. Comme toutes les noubat, elle obéit à des règles d’exécution, mais n’entrave en aucune manière la liberté d’improvisation des musiciens à l’intérieur même de l’architecture de la noubat.

Dans l’introduction de la noubat, seules les flûtes interviennent : dans un courant mélodique libre, un dialogue s’engage entre les flûtistes, et il annonce le caractère et le genre propres à la noubat. Les percussionnistes interviennent librement pour « habiter » l’espace, comme s’ils voulaient déverser dans le périmètre où se trouvent les musiciens et l’assistance une pluie de sons. Les flûtistes peuvent alors « dialoguer » et s’évader, provocant dans l’auditoire de multiples réactions. Enfin, le flûtiste leader choisit le moment adéquat pour exécuter l’introduction du premier thème de la pièce.

Ci-dessous un extrait de noubat adressée aux saints

WAV - 448.1 ko

 

Enregistrement des flûtistes et percussionnistes d’Annaba, de Souk-Ahras et du pays Chaouia en mai 2007

La collecte s’est focalisée sur deux types de répertoire, sacré et profane en des lieux distincts, notamment une zaouia (lieu de culte populaire) et une demeure située au cœur de la vieille ville. Une partie des enregistrements est axée sur des « pièces » en l’honneur des Saints Patrons, l’autre partie porte sur un répertoire exécuté lors de mariages, de baptêmes etc. Des chanteurs-gasba se mêleront aux musiciens. Ces pièces pour flûtes (gasba) et percussions (bendir) sont interprétées par des musiciens d’Annaba, de Souk-Ahras et de la région de la Chaouia. .
Une sélection des enregistrements sera publiée par le label Buda Music.


Halim Dekkiche

Liste des partenaires de Musiques du Monde

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Pour la première fois en France, un ensemble de 12 musiciens et chanteurs garifunas

La Cité de la musique
et les associations Musiques du Monde et AL’Chimie
mettent en place la tournée 2008 de
L’ENSEMBLE WABARUAGUN



Ensemble Wabaruagun : tambours et danses des Caribes noirs ou Garifunas

1) Historique

En 1635, deux navires négriers espagnols font naufrage près de l’île de Saint-Vincent, dans la mer des Antilles. Les Africains qui survivent à la catastrophe, la plupart originaires de l’Afrique de l’Ouest, du Congo et de l’Angola, sont recueillis par les indiens Caraïbes ou Kallinago, un peuple indomptable et libre, dont la réputation de cruauté et de cannibalisme doit beaucoup aux Européens. Les nouveaux arrivants, eux, ne sont pas massacrés comme les blancs conquérants, ils apprennent la langue, les us et coutumes de leurs hôtes et en quelques décennies naît un peuple nouveau, doté d’une culture originale : les Caribes noirs, appelés de nos jours Garifunas. Ils vivront sur St Vincent jusqu’en 1796, avant d’en être délogés par les Anglais qui les déportent sur l’île de Roatán au large du Honduras. Accueillis par les Espagnols de Trujillo qui cherchent des renforts contre les pirates, ils s’implantent alors le long des côtes d’Amérique Centrale.
Les Garifunas occupent aujourd’hui une bonne partie du littoral caraïbe centraméricain, au Belize, au Guatemala et surtout au Honduras où l’on trouve près de quarante villages.




2) La musique des Garifunas

La tradition musicale des Caribes noirs, héritière à la fois des traditions d’Afrique de l’Ouest et des Kallinago des Antilles, aujourd’hui disparus, forme un ensemble vivant en pleine effervescence, qui expérimente depuis quelques années de nouveaux métissages. Elle. se caractérise par la coexistence de deux répertoires qui n’ont cessé d’interagir au fil du temps tout en gardant leur spécificité. Le premier, à dominante amérindienne, est le répertoire sacré : il comprend des chants a capella et des rituels dansés et chantés, accompagnées de tambours homorythmiques en base ternaire. Au cours des rituels, conduits par le buyei ou chaman, des participantes non mariées sont possédées par les ancêtres et interprètent des chants appris en rêve. Le second, à dominante africaine et ayant reçu des influences françaises, hispaniques et anglo-saxonnes, est le répertoire profane, caractérisé par la polyrythmie et le chant antiphonique. On y trouve tous les thèmes liés aux fêtes de fin d’année, la parranda aux accents hispanisants, le gunchei issu du quadrille français et un genre appartenant à la fois à la sphère du sacré et à celle du profane : la punta, que des formations modernes mélangent aujourd’hui à tous les genres de l’aire caraïbe ainsi qu’au rock et à la pop.

Sources à consulter :

- Voir l’article paru sur le site Nuevo mundo-mundos nuevos : "Tambours africains, voix amérindiennes : les Caribes noirs d’Amérique centrale".

- Voir également la page UNESCO proclamant la langue, la danse et la musique des Garifunas Chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité. Un diaporama y présente une série de 20 photos sur les danses et musiques garifunas.


Tambours garawon primero et segundo, conque marine, carapace de tortue, et sisiras (maracas) (photo d’Andrea Romay extraite du livret de l’album Inédit "Musique Garifuna, la tradition des Caribs noirs". Voir critiques de cet album par Répertoire et Trad Magazine)

3) Quelques exemples de musique garifuna :

(extraits de l’album "Ensemble Wabaruagun, chants des Caribs noirs" publié en 2002 dans la collection OCORA/Radio France. Avec l’autorisation d’Ocora. Voir critiques de cet album par Répertoire, Roots World et Le Monde de la Musique)

- La punta

- Le wanaragua

- Le hunguhungu

- Le gunchei

- Le abelagudahani

- Le amalihani

- les arumahani

- La parranda

- Les abaimahani

- Le koropatia

4) Singularité de Wabaruagun

L’ensemble Wabaruagun se différencie des autres formations garifunas par le dynamisme incomparable de ses interprétations ainsi que leur richesse rythmique, les percussionnistes rivalisant entre eux par la multiplication des "toques" (motifs rythmiques) les plus inattendus. Il en résulte un échange stimulant entre les diverses strates rythmiques qui constituent l’architecture des morceaux et qui s’élaborent toujours en appui des voix, pour les faire ressortir au-dessus des tambours et souligner tous les moments forts du dialogue soliste-choeur.
Wabaruagun se distingue aussi pour être conduit par un buyei, à la fois devin, guérisseur et interprète des gubidas, nom donné aux ancêtres dans la religion garifuna. Ce personnage, considéré comme un gardien de la tradition, est un grand connaisseur des rituels et possède un vaste répertoire de textes sacrés. Il est généralement le seul à chanter avec les femmes dans les formations traditionnelles.

5) La culture garifuna, perspectives

On pourrait définir la culture garifuna comme une culture de la migration, à l’instar de celle des Caribes rouges des Antilles avant la venue des Européens. Dès l’arrivée des Garifunas au Honduras, en 1797, beaucoup de ces marins et anciens fugitifs étaient aussitôt partis vers le Bélize pour travailler comme bûcherons, puis les familles avaient suivi et des villages avaient été fondés, qui sont devenus Dangriga, Hopkins, Punta Gorda dans l’ex-Honduras britannique, Livingston au Guatemala. Le même phénomène se déroule aujourd’hui. Le chômage, un parmi les problèmes récurrents auxquels font face les communautés, pousse chaque année des centaines de gens à tenter leur chance à New-York, LOs Angeles ou Miami, tandis que d’autres choisissent de vivre à bord de bateaux de croisière, de cargos ou de langoustiers, autant de navires en transit. C’est un peuple de plus en plus déterritorialisé, qui semble débarquer éternellement de son embarcation naufragée, prêt à s’élancer sur la première terre accueillante pour y prendre racine. Son bagage de valeurs et de traditions, rassemblé autour de la langue et de rituels d’une grande cohérence qui agissent comme de puissants facteurs de cohésion et d’intégration sociale, est comme un pays virtuel - dont des fragments voyagent d’ailleurs sur l’Internet -, monde pluriel habitant l’esprit d’un marin qui ne connaîtrait que des escales aussi loin que puisse remonter sa mémoire.
Les musiques des Garifunas suivent le même chemin ; elles avancent en intégrant les éléments les plus décisifs de leur époque. Quel que soit l’endroit où elles voient le jour, la plupart se font l’écho des préoccupations des Garinagu, interpelant la communauté toute entière pour lui soumettre un problème, une idée, une émotion. La phrase revient souvent au début des chansons : "Écoutez Garinagu !", invitation à tendre l’oreille pour entendre la toute dernière histoire. Ces voix en provenance de New York, du Belize, de La Ceiba se répandent sur les ondes le long de la côte et les mélodies sont fredonnées à longueur de journée.
Empruntant des chemins différents de celles des vivants, les voix des ancêtres ne sont pas en reste, et se feront bientôt entendre à New York, où l’on dit que des buyei sont déjà installés. Nul doute que les tambours du malí et du dügü y résonneront d’ici peu, au moins aussi longtemps qu’à St Vincent ou en Amérique centrale.

6) Composition de Wabaruagun

L’Ensemble comprend 12 musiciens et chanteurs :

- 1. Un tambour garawon segundo (basse) et chant

- 2. Un tambour garawon segundo (basse) et chant

- 3. Un tambour garawon primero (médium soliste)

- 4. Un maracas

- 5. Une conque marine

- 6. Une carapace de tortue ou 1 tambour garawon primero

- 7. Un chanteur, premier soliste

- 8. Un chanteur ou 1 chanteuse, deuxième soliste

- 9. Une chanteuse

- 10. Une chanteuse

- 11. Une chanteuse

- 12. Une chanteuse

Auxquels il faut ajouter 1 accompagnateur.

Ce groupe de 13 personnes se déplacera avec 6 ou 8 tambours (3 ou 4 pour le concert + 3 ou 4 de rechange) dont 4 seront de grande taille. Ils seront théoriquement rangés dans une grande caisse, ou plusieurs caisses séparées, ce qui représentera un volume important dont il faudra tenir compte pour les déplacements.

7) Fiche technique

L’amplification varie en fonction des dimensions de la salle :

- Pour une salle de petites dimensions, il n’est pas forcément nécessaire d’amplifier.

- Pour une salle de dimensions moyennes, les tambours pourront être amplifiés avec des couples en surplomb (4 à 6 micros), dont profiteront le maracas et la carapace de tortue ; la conque marine nécessitera éventuellement un micro pour elle seule (1 micro) ; chaque voix , à l’exception des voix des tambourinaires, sera amplifiée (6 micros).

- Pour une salle de grandes dimensions, les tambours nécessiteront, en plus des couples en surplomb (6 micros), un ou deux micros par caisse (3 à 6 micros) ; le maracas, la conque marine, la carapace de tortue et toutes les voix devront être amplifiés (11 micros).