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Saframusic en collaboration avec Musiques du Monde

Enregistrement des flûtistes d’Annaba,
de Souk-Ahras et de la Chaouia
Hommages et louanges aux saints patrons

 

 

 


Les flûtistes d’Annaba, de Souk-Ahras et de la Chaouia

L’Est algérien, et particulièrement la zone délimitée par deux grands axes qui vont d’Annaba jusqu’à Souk-Ahras et du bas Constantinois jusqu’aux Aurès est très profondément marqué par les musiques et chants traditionnels populaires. L’un des plus importants patrimoines musicaux populaires de ces régions est transmis par leurs flûtistes (appelés gasaba) et à travers leurs célèbres noubat.

Patrimoine populaire séculaire, les noubat sont des « pièces » instrumentales jouées par plusieurs flûtistes et percussionnistes en l’honneur des Saints Patrons (wali). La dépouille de ces Saints Patrons se trouve généralement au centre de la zaouia (confrérie religieuse). Ces tombeaux sont reconnaissables par leur architecture spécifique surmontée d’une coupole appelée quba.

Flûtistes d’Annaba et de de Souk-Ahras (copyright Halim Dekkiche)

Lors des diverses cérémonies, on exécute trois noubat, qui correspondent à des moments précis de la journée et qui peuvent durer chacune plus d’une heure.

Le caractère si particulier de cette musique et les conditions dans lesquelles elle est exécutée - circoncision, mariage, naissance- lui donnent une force toute singulière. Ces flûtes-gasba, accompagnées des percussionnistes, se distinguent par leur timbre à la fois tendre et plaintif, leurs riches variations et envolées mélodiques qui nous plongent dans l’âme de l’une des musiques et forme d’art les plus belles de cette partie du Maghreb.

L’une des plus célèbres noubat jouées dans cette région est appelée noubat essalihine (pièce en l’honneur des Saints). Elle est exécutée en ouverture de toutes les cérémonies pour marquer le caractère musical et identitaire propre à la région. Comme toutes les noubat, elle obéit à des règles d’exécution, mais n’entrave en aucune manière la liberté d’improvisation des musiciens à l’intérieur même de l’architecture de la noubat.

Dans l’introduction de la noubat, seules les flûtes interviennent : dans un courant mélodique libre, un dialogue s’engage entre les flûtistes, et il annonce le caractère et le genre propres à la noubat. Les percussionnistes interviennent librement pour « habiter » l’espace, comme s’ils voulaient déverser dans le périmètre où se trouvent les musiciens et l’assistance une pluie de sons. Les flûtistes peuvent alors « dialoguer » et s’évader, provocant dans l’auditoire de multiples réactions. Enfin, le flûtiste leader choisit le moment adéquat pour exécuter l’introduction du premier thème de la pièce.

Ci-dessous un extrait de noubat adressée aux saints

WAV - 448.1 ko

 

Enregistrement des flûtistes et percussionnistes d’Annaba, de Souk-Ahras et du pays Chaouia en mai 2007

La collecte s’est focalisée sur deux types de répertoire, sacré et profane en des lieux distincts, notamment une zaouia (lieu de culte populaire) et une demeure située au cœur de la vieille ville. Une partie des enregistrements est axée sur des « pièces » en l’honneur des Saints Patrons, l’autre partie porte sur un répertoire exécuté lors de mariages, de baptêmes etc. Des chanteurs-gasba se mêleront aux musiciens. Ces pièces pour flûtes (gasba) et percussions (bendir) sont interprétées par des musiciens d’Annaba, de Souk-Ahras et de la région de la Chaouia. .
Une sélection des enregistrements sera publiée par le label Buda Music.


Halim Dekkiche