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Canti & Musica - Anthologie de chants et musique profanes
Ocora - 2011


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Publication  : Répertoire (10 de - L’événement du mois)
Auteur  : Étienne Bours
Titre  : Honduras
Musique garifuna - La tradition des Caribs noirs
Inédit - Maison des cultures du monde


On nous parle assez peu des Garifuna, ce peuple né de la rencontre invraisemblable entre esclaves arrivant d’Afrique et populations indiennes des Antilles. En 1635, des navires négriers espagnols firent naufrage au large de Saint-Vincent. Les rescapés furent-ils accueillis, et comment, par les Caribs, Indiens que l’on disait féroces et cannibales ? Toujours est-il que de cette rencontre devait naître un peuple nouveau, témoin des accidents de l’histoire. Les Garifuna ou Garinagu. Ils furent déportés et vivent aujourd’hui au Honduras, à Belize et au Nicaragua.
Leur culture et leurs expressions musicales sont empreintes de ces origines africaines et antillaises. Le culte des ancêtres y est essentiel et des pratiques chamaniques ou rites de possession sont encore de mise. À l’heure où déjà les modes musicales s’emparent de ces expressions et où certains groupes, dits garifuna, se laissent aller à de curieux mélanges aux relents de reggae, la discographie la plus proche des traditions est faible. On se souvient d’un excellent CD chez Caprice et d’un autre chez Détour, sans oublier un JVC japonais. Inédit nous propose cependant un enregistrement qui vient s’imposer comme le premier vers lequel il faut se diriger pour entrer en contact avec cette culture et la comprendre au mieux.
On retrouve ici des genres tels que punta ou parranda, déjà très exposés sur les autres disques. Mais l’enregistrement va plus loin en proposant divers chants et danses aux fonctions souvent rituelles. Certaines danses sont associées au rite dügü, longue cérémonie complexe où de jeunes femmes sont possédées par les esprits des ancêtres . Beaucoup de chants sont liés à des levées de deuil ou anniversaires de décès, soit un long déroulement s’étalant sur neuf jours au cours desquels chaque activité semble avoir son type de chant ou de danse. Voix et percussions sont omniprésentes. Le chant se fait volontiers a cappella. On entend également une conque dont le son de trompe fait immanquablement penser à certaines traditions haïtiennes.
Absolument essentiel, cet enregistrement est accompagné d’un bon livret qui nous permet une compréhension optimale d’une culture étonnante, méconnue, oubliée et certainement en danger.