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Canti & Musica - Anthologie de chants et musique profanes
Ocora - 2011


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Le projet de Musiques du monde


  Au service des cultures du monde
  Une collecte équitable
  Au service des collecteurs
  Au service des labels de musiques du monde
  Au service du public
  Une structure en accord avec l’ensemble des protagonistes
  Les collectes
  Promotion

 

Un lien à instaurer
Musiques du Monde a pour objet de collecter les musiques traditionnelles méconnues, sous-représentées ou inexistantes dans les collections de musiques traditionnelles, de faciliter leur publication et leur promotion. L’objectif de ses membres est de rendre possible la rencontre entre ces traditions et le public en général, afin de contribuer à la préservation de la diversité culturelle. Elle se définit comme complémentaire d’autres organismes dévolus à l’édition et la programmation des musiques, mais qui n’ont pas vocation à prendre en charge le délicat travail de collectage.

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Nécessité de la collecte
De nombreuses musiques du monde risquent aujourd’hui de tomber dans l’oubli du fait de la disparition de leurs interprètes traditionnels, les générations suivantes n’étant pas toujours désireuses de perpétuer les anciennes formes. D’autres musiques, bénéficiant souvent d’une production discographique artisanale dans leur pays, ont beaucoup de difficultés à sortir de leurs frontières parce qu’elle ne coïncident pas avec les modes occidentales, ou parce qu’elles sont jugées mineures ou difficilement commercialisables .
Dans les deux cas ces traditions restent inaccessibles au public d’amateurs de musiques du monde. Sans un programme de collecte systématique, il ne restera des premières, au mieux, que ce qu’en auront préservé les interprètes les plus commerciaux du pays ; toutes les formes antérieures auront disparu. Sans intervention sur place, pour les enregistrer dans leur contexte, les secondes ne parviendront jamais jusqu’à nous, ou sous des formes arrangées, considérées comme plus attractives par l’industrie du disque.
On le sait, toute musique traditionnelle est conduite à évoluer avec son environnement ; ce processus, vital et imprévisible, a pour corollaire l’ensevelissement des formes plus anciennes, ou leur adaptation au sein de nouveaux répertoires ; or, s’il faut bien se faire une raison et admettre le silence des siècles précédents, nous n’avons en revanche plus d’excuse aujourd’hui quand les moyens les plus divers sont à notre disposition pour fixer sur support pérenne le patrimoine musical de la planète, à des coûts tout à fait abordables.
Pour certaines traditions musicales, des enregistrements anciens existent, mais leur qualité sonore les rend peu accessibles au public d’aujourd’hui. Dans presque tous les cas il est indispensable de retourner sur les lieux pour renouveler la qualité sonore, refaire le point, découvrir de nouveaux interprètes, prendre l’empreinte des dernières évolutions, dans l’esprit de pionniers tels que Alan Lomax ou Harry Smith aux Etats-Unis, Vicente T. Mendoza et Raùl Hellmer au Mexique, Charles Duvelle et Simha Arom en Afrique. Sans les travaux considérables de ces précurseurs, que serait la mémoire musicale de l’Amérique du nord, du Mexique, de l’Afrique ? Collecter le patrimoine musical contemporain doit être considéré comme une responsabilité à l’égard des générations futures.
L’objectif de Musiques du Monde est donc de pouvoir intervenir rapidement sur le terrain ; ses perspectives, toutes oeuvrant dans le sens de la préservation de la diversité culturelle, sont de favoriser l’édition et la diffusion des musiques enregistrées (inédites pour la plupart), ainsi que leur promotion.

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Au service des cultures du monde
Pour les communautés concernées, l’arrivée d’un étranger désireux d’enregistrer son patrimoine musical peut être perçu de multiples manières. Le premier travail du collecteur est d’expliquer sa démarche, avant de s’entendre avec les autochtones pour la faire aboutir. La perspective de bénéficier d’une diffusion dépassant les frontières de la région ou du pays peut être perçue comme une forme de reconnaissance par les musiciens ou la communauté, à quoi viennent s’ajouter, dans un schéma classique, le versement de cachets et l’élaboration d’un accord pour le cas où les enregistrements seraient publiés. De plus, le travail de collecte en lui-même peut amener certaines populations à reconsidérer leur patrimoine culturel et à le revaloriser.
Enfin, des travaux tels que le « Projet de déclaration des droits culturels », publié par l’UNESCO, soulignent que la reconnaissance d’une communauté culturelle par le reste du monde est aussi conditionnée à des actes déclaratoires de la part de celle-ci  ; dans cette optique, l’affirmation (via la publication d’un phonogramme) d’un patrimoine musical, facteur déterminant de l’identité culturelle d’une communauté ou d’un peuple, doit être assimilée à l’un de ces actes déclaratoires.

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Une collecte équitable
Musiques du Monde souhaite promouvoir un concept adapté à la réalité du terrain, concept que nous appellerons collecte équitable, car il reprend à son compte certains traits propres au commerce équitable. Le travail de collecte implique pour le collecteur de rémunérer les musiciens lors des séances d’enregistrement sur place, puis de s’arranger pour leur faire parvenir une somme adéquate sitôt l’enregistrement vendu à un label, l’ensemble se déroulant dans le cadre de cette étroite niche économique, où les sommes en circulation sont faibles. La collecte équitable pourra prendre en compte les besoins plus précis de groupes ou communautés et financer, grâce à la participation de partenaires du monde de la culture ou du commerce, certains projets de développement local, notamment ceux liés au collectage et à la transmission du patrimoine culturel. Ces apports n’excluent pas le versement de cachets aux musiciens. Nous nous efforcerons chaque fois de maximiser la part revenant aux interprètes, tous frais de collecte déduits.
Les sigles des partenaires ayant financé la collecte seront imprimés sur le ou les disques à paraître (lorsque la charte de partenariat du label le permet). La communauté pourra, dans la mesure où les fonds disponibles le permettent et sous réserve de l’accord du label, être rémunérée par un tirage spécial à leur usage exclusif dans les limites du territoire de la communauté ou du pays où elle se trouve.

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Au service des collecteurs
Partir enregistrer de son propre chef, sans l’appui d’une institution, les éléments d’un patrimoine musical, est une aventure inoubliable mais hasardeuse. Le risque existe de s’endetter pour réaliser un projet dont le produit finalement ne trouvera pas acquéreur, ou beaucoup plus tard. Il s’agit donc de libérer le collecteur de l’obligation de vente immédiate, le dégager des impératifs de rentabilité.
Dans le système mis en place par Musiques du Monde, un projet de collecte soumis par un membre actif et sélectionné par MM peut être financé de diverses manières selon que ce membre soit déjà salarié ou indépendant et vivant de cette activité.
Tout membre salarié au moment du dépôt du projet sera défrayé jusqu’à son retour de collecte.
Le membre indépendant sera défrayé et salarié jusqu’à son retour de collecte.
Si le collecteur quel que soit son statut doit être accompagné d’un assistant pour mener à bien son projet, ce dernier sera, tout comme le collecteur, défrayé et/ou salarié jusqu’à son retour de collecte.

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Au service des labels de musiques du monde
Du côté des maisons de disques, tout le monde en convient, ces musiques ne sont pas faciles à vendre. En Europe, le travail remarquable de certains labels bénéficiant de subsides d’Etat a permis de constituer des collections parmi les plus impressionnantes. Cependant, de petits labels privés continuent avec plus ou moins de succès de publier des enregistrements assez pointus, aux côtés de produits de variétés internationales et de world Music pour lesquels la demande est plus importante, les ventes des seconds autorisant la présence des premiers au catalogue. Dans l’ensemble, cette demande reste trop faible pour motiver les nombreuses collectes à réaliser, d’autant que le collecteur n’a aucune assurance de vendre le produit de ses enregistrements. En fait, même dans le cas où ceux-ci trouveraient preneur, cela ne permettrait pas de couvrir le coût total de la collecte et de payer les musiciens.
A l’évidence la préservation de musiques menacées, peu connues ou marginales, n’ a pas à dépendre de la bonne volonté de labels qui, au premier chef, ont la nécessité de survivre économiquement. Libérer les collecteurs de l’obligation de vente immédiate est un moyen de permettre la constitution d’un réservoir d’enregistrements de qualité où les labels pourront puiser à leur guise. Nous les contacterons avant chaque collecte pour tester leur intérêt éventuel, et obtenir le cas échéant une promesse d’achat. La plupart, s’ils n’ont pas les moyens de financer ce genre d’entreprise, sont à priori intéressés à en acquérir le produit.
Dans de bonnes conditions, la publication d’un ou deux compact-disques suit le travail sur le terrain et couvre une partie des frais engagés. Nous ferons donc tout pour multiplier les publications en nous adressant à tous les labels susceptibles d’être intéressés, quelle que soit leur nationalité.

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Au service du public
Nous l’avons dit, la collecte du patrimoine musical contemporain doit être considérée comme une responsabilité à l’égard des générations futures, chacun de nos projets sera mis en oeuvre en gardant à l’esprit qu’il constitue aussi un petit pas vers cet horizon. Globalement, nous ferons tout pour permettre la rencontre entre le public et ces traditions musicales méconnues ou menacées. La musique entretenant des liens avec tous les aspects de la culture ainsi qu’avec les autres arts, il sera important de considérer tous les médiums permettant de rendre plus sensible le contexte où elle se produit. Ainsi, chaque mission pourra aboutir à l’établissement d’une véritable passerelle entre un peuple, un groupe, des musiciens, et un public chaque fois plus attentif à cet autre lui-même capable de l’étonner.
Qui sait aujourd’hui ce que l’amateur de musiques demandera demain ? Qui sait si le marché des musiques traditionnelles ne va pas soudain s’élargir et les labels devoir faire face à une demande exigeante et éclairée  ?

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Une structure en accord avec l’ensemble des protagonistes
Ce sont ces multiples constats ainsi que de nombreuses expériences menées sur le terrain qui ont permis de cerner le manque que nous nous proposons de combler. Face à eux l’idée de l’association Musiques du Monde apparaît comme un rouage nécessaire : une entité entièrement dévolue aux musiques du monde et à leurs interprètes, favorisant les activités de la plupart des acteurs intervenant dans ce domaine, ayant pour objet la collecte, la promotion et la diffusion de ces musiques.
Une structure susceptible, par ses activités,
- de contribuer à la préservation de la diversité culturelle,
- d’apporter une reconnaissance culturelle et un soutien à certaines communautés isolées,
- de susciter un regain d’intérêt pour le patrimoine musical mondial,
- de favoriser le développement d’un secteur dépendant souvent de bonnes volontés,
- de développer une profession, de faire naître des vocations ;
- de permettre la constitution d’une banque de musiques originales, accessible aux labels spécialisés désireux de les publier,
- de fournir un centre de ressources élargi aux ingénieurs culturels, organisateurs de festivals.

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Les collectes
Musiques du Monde se propose donc d’envoyer dans les pays concernés des habitués du travail de terrain, capables de mener à bien la collecte d’une tradition musicale dans le contexte où elle se produit.
La sélection d’une collecte s’effectuera, chaque fois que possible, en consultation avec des spécialistes de la zone concernée. Seront pris en compte les problèmes logistiques qu’elle soulève, ainsi que la présence éventuelle de disques déjà disponibles sur les genres musicaux visés. L’aptitude d’un collecteur à mettre en oeuvre son projet sera évaluée au vu de ses expériences précédentes, des travaux et publications à son actif et de la qualité de ses contacts et soutiens sur place. Dans tous les cas seront considérées attentivement les aptitudes techniques du candidat dans le domaine de la prise de son et sa capacité à travailler dans les limites d’un budget imparti.
Car ces collectes ne coûtent pas si cher dès lors qu’elles sont gérées par des professionnels. Les coûts globaux varient selon la difficulté d’approche géographique, le matériel nécessaire, la présence d’une ou de deux personnes sur le terrain, la durée du séjour et l’importance estimée du patrimoine à enregistrer ; à titre indicatif, certaines missions peuvent être réalisée avec 8000 euros seulement.
De quoi avons-nous besoin ? d’acheter des billets d’avion, du matériel supplémentaire lorsque le contexte l’exige, de financer des missions d’une ou deux personnes ou de les défrayer, d’assurer l’équipement, de payer les musiciens comme il convient et de faire en sorte, en cas de publication, que leur part des droits parvienne à destination, enfin, de soutenir un éventuel projet local lorsque nous travaillons avec une communauté.
Dans un premier temps, le traitement des enregistrements sonores sera réalisé en France par des professionnels du son bénévoles, membres de l’association.

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Promotion
Dans la continuité des prises de sons et de leur publication nous souhaitons associer nos efforts à ceux d’institutions culturelles renommées telles que, par exemple, Radio-France, la Cité de la Musique ou certains festivals, qui depuis de nombreuses années multiplient les initiatives pour permettre la rencontre entre le public et ces musiques méconnues. Nous leur proposerons chaque fois que possible divers types de partenariats afin de favoriser la venue de musiciens et permettre la réalisation d’événements connexes, émissions de radio, expositions, projections de documentaire, publications, etc.